Retour page Poésies Accueil

 

...des temps écorchés...

© Tous droits réservés   ISBN 2-914362-12-9 

 

 

 

      Les Déportés

 

      Ils marchaient,
      ils marchaient,
      ils marchaient...
      Un pas, un pas, un pas...
      Rien à emporter ou si peu.
      mais le poids de ce rien
      Voûtait leur dos
      cernait leur yeux
      brisait leurs mains.
      Et pour mieux enliser 
      leur
cœur  à Jamais, 
      la
boue...
Boue collante
qui englue chaque pas
pétrifie les visages
où, par inadvertance,
une larme
discrètement
se fraie chemin
sans pouvoir, sans oser
crier souffrance.
Ils marchaient, ils marchaient...
Un pas...
Un pas.        

         © Chemins de Traverse  Juin 2000  Édité par l'Ours Blanc       

 

 

Madiba

 

Sans plaie

Il a scindé l’avant de l’après

des ténèbres éternelles

de son corps torturé

simple  appel de lumière

d'un  cœur apaisé

pour déchirer la toile

d’obscures atrocités

dallant son chemin

d’avenir.

 

 

 

 

 

Vengeance

Lézarde du cœur

saignée gluante

laissant couler sa sève

qui nous fige à jamais

dans nos rouages grippés

ruminant nos blessures

en espoir de transfert

 

Vengeance

je te hais

plaie de nos plaies

tu détruis notre cœur

quand il n’est qu’échoué

 

 

11 Septembre 2001

 

Aveugle tuerie
de nos fragilités
ciblée au cœur
de nos abris
crevassés d'abondance
électrochoc sanglant
dans l'hypophyse
des rouages du monde
en espoir mythique
d'une métamorphose

                                                                          

 

 

 

Miroir

Dans l'horreur
de l'incroyable violence
l'irresponsabilité
voile nos mémoires
exergue la colère
en répulsion du sang versé
innocent
d'inconscientes routines
se retrouve face à nous
hébétés
par l'inaptitude
de nos agissements
en miroir

 

Guerre d'Algérie

 

Etrangeté

d’une guerre étrangère

en autre temps

étranges villages inconnus

et morts délaissés

hors mémoires

et dérobée

 


Etrangeté

des ruisseaux rouges

sous le bleu du ciel d’Alger

qui gouttent et dégoulinent

de ruelles en rambardes

d’escaliers en pavés

sous le balancement

de palmes révérées

 

Etrangeté

de cette guerre fratricide

à ciel ouvert

 

 

 

Les enfants d'abandon

Ils sont là
enfermés ou libres
peu importe
Ils sont là
tous liés
 
Leur regard de douleur
figé  d'absence
quête une lueur
une simple veilleuse
et leurs os crient famine
à leur cœur presque froid
Ils sont là
enfermés ou libres
peu importe
de par le monde
ils sont là
 


 

 

 

Les tombes de la honte

Tombent les bombes
tombes
de pierres éclatées
d'âmes ensevelies
incrustées à jamais
dans leur terre
ensanglantée
semences de mémoire
enracinées dans l'horreur
pour germer
au jardin du pourquoi

Tombent les bombes
tombes
creusées à vif
en cris éventrés
jusqu'au travers
de nos âmes
et plantent en nos cœurs
l'étendard
de la honte

(8 Mars 2003)

 

 


Du peuple irakien

Dans son refuge
sous le déluge
de mots
de cris
de feu
son silence ricoche
de pleurs en peurs
sur les murs d'angoisse
érigés des terreurs
de temps sans fin

Dans son refuge
sous le déluge
de mots
de cris
de feu
il se drape
de colère et de haine
à l'ombre des non-dits
dans la tombe
de son impuissance

 

 

© Tous droits réservés   ISBN 2-914362-12-9 

Retour page Poésies Accueil